Tous
les ans dans la prairie dite de Maray ,entre le village et le
ruisseau la Prée, se tient la foire dont la réputation, depuis des
temps immémoriaux, s'étend très en Touraine, en Sologne et surtout
en Berry. Pendant des siècles, elle eut lieu le 14 septembre,
jour
de l'exaltation de Sainte Croix dans ce pré qui appartint au
Chapitre de la Cathédrale Saint Croix D'Orléans jusqu'en 1791.On
peut supposer qu'elle fut créée par le dit chapitre. Quand? La
trace la plus ancienne de l'existence de la foire est le rappel
d'un document de 1233 cité dans un inventaire des titres du
chapitre de sainte Croix établie en 1768:<< Vente faite au
chapitre par Etienne Brédini,prévôt de Maray, d'un droit qu'il
avait sur la foire tenue à Maray le jour de l'exaltation de la
Sainte-Croix>> (A.D. du Loiret). Dans les accords passés entre les
chanoines et les seigneurs de Graçay, entre 1120et 1136,il n'est
jamais fait mention de la foire. Du XVe au XVIIIe siècle, les
taxes perçues sur la foire étaient partagées entre le seigneur
de Maray, c'est à dire le chapitre de Sainte Croix et le seigneur
de Saint Loup, en font foi, un acte de partage en date du 7
octobre 1433 A.D. de L'Indre) et le tarif du 8 juillet 1701
établi par le seigneur de Sauveterre ( Voir Saint Loup). En
1737,le curé de Maray (peut-être représente-t-il le
chapitre) cède à bail les droits de plaçage à deux habitants du
village.Après la Révolution, c'est la commune qui, après
enchères, et pour neuf ans, cède la perception des droits à un
<<piageur>>.C'est un placier professionnel car il est parfois
difficile de faire payer certains forains. Le placier doit
respecter un cahier des charges établi par le Conseil
Municipal. Sur le terrain de 5 hectares, la foire s'organise selon
un plan établi de longue date. Longtemps, comme dans les villes
du moyen age,les commerces se groupaient par professions dans un
espaces délimités par des rue portant un nom sur un poteau
indicateur: rue du Bourg, rue des Ramées, Allées du bal, etc.....
C'est moins vrai maintenant, mais les rue existent toujours.
De
nombreux gitans,roms,tziganes,arrivés largement 8 jours à
l'avance s'y retrouvaient et se retrouvent encore en famille ou
en clan (parfois le roi des gitans était présent) avant de
reprendre leur errance sur les routes de France. Installés à
droite et à gauche de l'entrée du bourg, on les retrouve le jour
de la foire, disant la bonne aventure (Mme Irma) ou tenant des
jeux d'adresse. A Gauche ,se tiennent les attractions
foraines, à
droite le marché aux victuailles, les étalages de vêtements,
d'outillages, d'ustensiles de cuisine etc...,mais
depuis quelques années ,la répartition est moins rigoureuse.
Au
fond du champ, près de la Prée, sont exposés les matériels
agricoles et à l'attache, les bestiaux: vaches dont le nombre
dépassait souvent les quatre
cents, chevaux, moutons, ânes, mulets, etc.... Au siècle
dernier, l'on
trouvait également des troupeaux d'oies et de dindes. Cités au
tarif de 1839,les empiriques (médecins charlatans), les marchands
d'orviétan (médicament universel) à cheval ou en voiture,
les
montreurs de curiosités ou d'optiques, les baladins et
sauteurs, ont disparu. Les ménétriers qui faisaient danser sur
l'herbe, les Solognot avec les Berrichonnes (d'où mariages
parfois) ont cédé la place aux bals parquets qui eux aussi, ont
disparu. Au milieu de notre siècle ,<< les marchands de
chansons, de complaintes et de de cantiques>> (excepté ces
derniers) faisaient encore chanter les gens groupés autour de
l'orchestre. Quelques fois une complainte ou une chanson
sentimentale amenait une larme au bord d'un cil. Les bardes
solognots, Chevaliers et Sandré chantaient << A la Fouée
d'Maray>> et décrivaient avec réalisme les plaisirs et les
attractions que l'on pouvait trouver sur la foire, des
hercules qui jetaient le gant à un compère et
<< D'autres qui font danser la ourse
Et pendant q'vous les r'gardez
y en a qui vous vole voout'bourse
A la fouée d'Maray (bis)
Maintenant on vend des cassettes, cd, etc....
Longtemps, et quand le temps le permettait, il fut de tradition de
manger sur le <<peliau>>,en particulier, venus des environs du
Lot, les melons entassés en pyramides dans la rue qui leur était
réservée. Mais le ciel n'est pas toujours favorable. En 1965,le
champ était recouvert de 10 centimètre d'eau et la foire eut
lieu, dans des conditions biens difficiles, à l'Ile Sèche,
près de
la ferme Sainte Croix.
Après la dernière guerre, en semaine, les visiteurs ne venaient
plus en bataillons serrés comme autrefois. Il était fini le temps
où les usines des environs chômaient ce jour là et où << les
gars de Vierzon>> retournaient dans leur ville, le lendemain
matin, en empruntant les péniches du canal du Berry. Aussi, la
Municipalité a-t-elle, opportunément fixé la date de la foire de
Maray au deuxième samedi de septembre, et la manifestation a
retrouvé l'affluence. Mais, elle a maintenant changé de
visage. On
y voit plus le cirque <<Pezon et Bidaine>> ou >>La ménagerie
Lorraine>>,non plus de lutteurs ou de femme sans tronc. La partie
foraine n'accueille plus que quelques manéges,par contre,
les
loteries paraissent de plus en plus nombreuses. Toujours plus
importante en superficie c'est maintenant un très grand marché
où ,l'automobile aidant, on ne s'attarde plus comme
autrefois; mais où l'on a plaisir à prendre un bain de foule et à
retrouver des connaissances. En août 1974,un événement insolite
eut lieu sur le champ de foire: La première Convention
Évangélique Tzigane, qui avec l'autorisation de la Municipalité
rassembla plusieurs milliers de personnes. Les roulottes tirées
par des chevaux, les caravanes, les camping-car affluèrent de
partout. Il y avait là, réunis des représentants de
Roms,originaires de l'Europe Centrale, les Gitanos venus
d'Espagne, les Manouches et les voyageurs (Français ayant pris la
route). Tous venaient écouter la bonne parole de leurs
pasteurs, prier et pour certains recevoir le baptême par
immersion au cours de cérémonies animées par un orchestre de
guitares.
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