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         Histoire de Maray                                 history_maray           historia_maray

         

 

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  A l'origine, Maray fut comme Doulçay, une villa Gallo-romaine. Située sur le territoire des Barons de Graçay, cette villa fut acquise au 9èm siècle par le chapitre de la cathédrale de Sainte-Croix d'Orléans. Dans un acte daté de l'an 851,Charles le Chauve, petit fils de Charlemagne énumère les biens dont il confirme la possession au chapitre et cite la "ville " de Maray en ces termes:<< Massacius cum villis et appendiciis.>> Maray avec ses villas et ses dépendances. Cette possession est affirmée plusieurs fois par les rois carolingiens, Louis IV, Lothaire, en 856,Louis V ( le fainéant), en 974,et capétiens, Hugues Capet (990) et Robert II le Pieux en 991.En 1150,une bulle du pape Eugène III confirme la propriété de l'église de Maray par le chapitre, à la suite sans doute de la réforme du pape Grégoire VII qui vers 1100,exige que les églises détenues par des laïcs ( la majorité) soient remises au Clergé. Au 12èm siècle, Maray dépendait à la fois du chapitre de Sainte Croix d'Orléans représenté par un prévôt et des seigneurs de Graçay qui petit à petit, malgré les privilèges d'immunité accordés par les rois, avaient pris en main les << pouvoirs banaux>>.Les << manants>> du village tirèrent avantage de cette dualité. Au début du siècle précité, les barons de Graçay pouvaient ,quand ils le voulaient, requérir les hommes de Maray pour l'entretien et la réparation de leurs châteaux. A tout moment, les paysans pouvaient être requis pour le service de << chevauchée >>.A la demande des chanoines, vers 1130,Renaud de Graçay accepte de réduire la corvée due pour l'entretien des châteaux forts à six jours et s'il garde le droit de conduire les hommes à la chevauchée, il doit passer par le prévôt du chapitre pour les convoquer. En 1145,toujours à la demande du chapitre, il accepte de supprimer ce service. En 1154,les jours de corvée sont réduit à trois; ils seront effectués en mai et seulement au château de Graçay. Renaud s'oblige à ne pas réquisitionner les biens des hommes de Sainte Croix et leur permet de vendre leurs récoltes comme bon leur semble, à condition de ne pas les vendre à ses ennemis avec qui il est en guerre. La coutume du vin est fixée au lieu de varier au gré du seigneur. Ce dernier se réserve le droit de pêche à Maray, un jour par semaine dans le Cher et ses faux-bras (le lit du Cher était plus important que maintenant et variait souvent). Les hommes de Maray bénéficiaient du droit les autres jours de la semaine. Toujours par accord entre les deux parties, les droits seigneuriaux sont réduit -ainsi le droit de panage*-.

 Le Remembrement

Jusqu'au milieu du XXe siècle, Maray avait un aspect bocager. Les champs, nombreux et pour la plupart peu étendu, étaient entourés de haies vives, épaisses, plantées d'arbres et d'arbrisseaux. Des chemins ombragés, plus de quatre vingt dix kilomètres, serpentaient dans la campagne. Dans le Val, les prairies dites de Saint Georges et de Doulçay étaient divisées en une multitude de petites parcelles. En 1960,des opérations de remembrement rendues nécessaires par les conditions modernes de culture, bouleversèrent le paysage.

Les terres furent regroupées, les haies arrachées et les chemins sinueux et vagabonds redressés ou supprimés. Une vaste partie de la commune prit ainsi un nouveau visage. Le pittoresque succomba devant la rentabilité.

   La Période des Moissons

 La marquise de Sévigné a évoqué dans l’une de ses lettres le plaisir qu’elle avait pris à faucher quelques épis de blé lors d’une après-midi de moisson. Mais elle n’avait consacré qu’une demi-journée à cette activité fort éreintante pour ceux qui en vivaient !
Autrefois, c’était à la faux que l’on coupait les épis, qu’ils soient d’orge, d’avoine ou de blé. Ce n’est qu’au début du XXème siècle que se sont généralisées les faucheuses. Ces engins à vapeur coupaient les épis sur leur côté droit et il fallait donc quand même encore utiliser la faux tout le tour du champ sur une zone de la largeur de la machine pour ne pas perdre le grain. Par ailleurs, les premières faucheuses ne liaient pas les gerbes : femmes et enfants devaient suivre derrière la machine pour ramasser les épis et les attacher. Les faucheuses-lieuses ont remplacé les faucheuses peu avant la Seconde Guerre mondiale

                Les gerbes liées restaient sur place dans le champ jusqu’à ce qu’elles soient bien sèches, afin d’éviter des condensations ou fermentations pouvant se transformer en combustion. Ensuite, chaque fermier allait en charrette les chercher et les ramenait dans la cour de sa propre ferme en de gigantesques tas.
Jusqu’au XIXème siècle, voire le début du XXème siècle dans les régions les plus pauvres, le battage pour séparer le grain de la paille s’effectuait au fléau. "Les difficultés sont multiples, raconte Van Gennep. Il faut d’abord apprendre à faire pivoter le petit bâton au bout du grand ; comme bien d’autres, j’ai commencé par me l’envoyer sur la tête ; il y a une petite torsion du poignet à donner ; dès qu’on a saisi le truc, le travail est deux fois moins pénible. Ensuite, il faut savoir se déplacer sur l’aire selon une sorte de pas de danse qui rappelle celui des dindons faisant leur cour ; et réussir le mouvement sans se déhancher, ni se donner un tour de reins et aussi en ne se baissant en avant qu’à peine ; sinon, on est vite fourbu. La troisième difficulté consiste à garder la cadence imposée au début par le chef d’équipe et, pour ce faire, il faut économiser son souffle, combiner à la fois les mouvements des bras et ceux des pieds. J’ai vu de bons batteurs manœuvrer à l’entour de l’aire sans presque mouvoir le corps et arriver au bout des dix à douze heures de battage sans épuisement" Toute la famille est mise à contribution mais aussi les voisins (à charge de revanche) ainsi que des équipes d’ouvriers agricoles qui tournent d’une exploitation à l’autre au moment des
moissons puis des battages.
 À partir du XXème siècle sont arrivées les batteuses, d’énormes machines impressionnantes qui passaient de ferme en ferme pour battre les gerbes qu’on y avait rassemblées. Pour une petite ferme, la batteuse travaillait une journée ou une demi-journée seulement, avec là encore beaucoup de monde pour l’aider. Il fallait une vingtaine d’hommes : deux installés en haut de la machine qui y enfournaient les gerbes qu’on leur tendaient, d’autres pour les leur tendre, d’autres pour ligoter la paille, les plus costauds enfin pour lier les sacs de blés (50 kg minimum) et les monter dans les greniers.
             
Tout cela dans un grand bruit de moteur à vapeur et dans une nuée de poussière de paille ! Rien n’était perdu : la paille bien séchée servait de litière aux animaux l’hiver et les "balles" (coques des épis) étaient donnés aux lapins. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale qu’apparurent dans les exploitations petites et moyennes les moissonneuses-batteuses : faucheuses, lieuses et batteuses à la fois.

          "Manger comme un batteur", dit un dicton alsacien, car l’appétit des batteurs était devenu proverbial. Lorsque le battage était fini, la journée se clôturait sur un solide dîner, bien arrosé, sur de grandes tables en bois dressées dans l’une des granges de la ferme. Y participaient tous ceux qui avaient aidé – et certaines fermes étaient plus recherchées que d’autres pour le travail car on y mangeait mieux ! Tard dans la nuit, chacun rentrait chez soi… pour mieux recommencer le lendemain : pas question de chômer en période de moissons, le grain n’attend pas !

 

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